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Capacité d’emprunt : pourquoi le montant peut varier d’un prêteur à l’autre ?
La capacité d’emprunt n’est pas un chiffre universel. Deux prêteurs peuvent analyser un même dossier et arriver à des montants différents. La différence peut venir des revenus, des dettes, de la mise de fonds, du crédit, du type de propriété ou des politiques internes de chaque prêteur.
À retenir
La capacité n’est pas seulement un revenu
Les prêteurs regardent aussi les dettes, les paiements existants, le crédit, la mise de fonds et les coûts liés à la propriété.
Les règles peuvent varier
Certains dossiers sont interprétés différemment selon le prêteur, surtout avec revenus variables, travail autonome ou dettes particulières.
Le maximum n’est pas toujours le bon budget
Être admissible à un montant ne signifie pas qu’il faut nécessairement acheter au maximum de sa capacité.
Comparer peut changer la lecture
Un courtier hypothécaire peut aider à présenter le dossier à différents prêteurs et à comprendre les écarts possibles.
Pourquoi la capacité d’emprunt n’est pas un chiffre fixe
Beaucoup d’acheteurs aimeraient obtenir un chiffre simple : “Vous pouvez acheter jusqu’à tel montant.” Ce serait pratique. Mais une capacité d’emprunt est rarement aussi mécanique.
Elle dépend d’une série de variables : revenu, stabilité d’emploi, dettes, paiements mensuels, crédit, mise de fonds, type de propriété, taux utilisé pour l’analyse, taxes, frais de condo, chauffage et règles du prêteur.
Deux acheteurs avec le même salaire peuvent donc avoir des capacités différentes. Et un même acheteur peut recevoir une lecture différente selon le prêteur consulté.
La capacité d’emprunt est donc une estimation encadrée par des règles, pas une vérité absolue.
Les ratios d’endettement : le cœur du calcul
Les prêteurs utilisent des ratios pour évaluer la place des paiements dans le revenu du ménage. Les deux notions les plus connues sont le ratio d’amortissement brut de la dette et le ratio d’amortissement total de la dette.
Le premier regarde surtout les coûts liés au logement : paiement hypothécaire, taxes, chauffage et une partie des frais de copropriété s’il y a lieu. Le second ajoute les autres dettes : prêt auto, cartes de crédit, marges, prêts personnels et autres obligations.
Ces ratios servent à mesurer si le projet semble soutenable. Mais ils ne sont qu’une partie de l’analyse. Le dossier complet compte aussi.
Ce qui peut faire varier le montant d’un prêteur à l’autre
Les revenus ne sont pas tous lus de la même façon. Un salaire fixe est plus simple à analyser qu’un revenu à commissions, un revenu autonome, des primes ou des heures variables.
Les dettes peuvent aussi changer la capacité. Un prêt auto, même bien payé, réduit la marge disponible. Une carte de crédit très utilisée peut peser dans le calcul. Une marge de crédit avec un solde élevé peut modifier le portrait.
La mise de fonds compte également. Sa taille, sa provenance et sa documentation peuvent influencer le type de financement possible.
Enfin, chaque prêteur peut avoir ses politiques internes. Certains dossiers qui semblent difficiles pour un prêteur peuvent être mieux compris par un autre, sans que cela signifie que les règles disparaissent.
Exemple fictif
Prenons l’exemple fictif de Samuel.
Il travaille dans la vente et gagne un salaire de base avec commissions. Son revenu total est bon, mais il varie d’une année à l’autre. Il utilise un calculateur en ligne et obtient un montant qui semble confortable. Puis il consulte un premier prêteur, qui retient une partie seulement de son revenu variable.
Samuel est surpris. Dans sa tête, il gagne beaucoup plus que le revenu utilisé dans l’analyse.
En préparant mieux le dossier, il rassemble ses documents des deux dernières années, ses preuves de commissions, ses avis de cotisation et une explication claire de son emploi. Un autre prêteur lit son dossier avec un peu plus de nuance.
Le projet n’est pas devenu magique. Il est devenu plus compréhensible.
Pourquoi le maximum n’est pas toujours le bon objectif
Obtenir une capacité d’emprunt ne veut pas dire qu’il faut acheter au maximum.
Un budget peut être admissible sur papier et trop serré dans la vraie vie. Les ratios ne connaissent pas toutes vos priorités : garderie, transport, loisirs, épargne, soutien familial, travaux, voyages, fonds d’urgence ou stabilité émotionnelle.
Une maison ne devrait pas absorber tout l’espace financier. Le bon budget est souvent celui qui laisse encore de la marge après le paiement hypothécaire.
C’est particulièrement vrai pour un premier achat, où plusieurs coûts deviennent visibles seulement après l’emménagement.
Le rôle du taux dans l’analyse
Le taux utilisé pour analyser la capacité peut aussi influencer le montant. Selon les règles applicables et le type de prêt, l’analyse peut être faite avec un taux admissible plus élevé que le taux offert.
Cette logique vise à tester la capacité du ménage à supporter un scénario moins favorable. C’est ce qu’on appelle souvent le test de résistance.
Cela peut créer une différence entre le paiement qu’un acheteur imagine et le montant que le prêteur utilise dans son analyse. Le but est de vérifier la solidité du dossier, pas seulement le paiement d’aujourd’hui.
Comment mieux préparer sa capacité
La meilleure façon de comprendre sa capacité est de préparer le dossier avant les visites sérieuses.
Il faut connaître : – le revenu démontrable; – les dettes actuelles; – la mise de fonds disponible; – les frais d’achat; – le type de propriété visé; – le niveau de paiement confortable; – la marge à garder après l’achat.
Plus ces éléments sont clairs, plus l’analyse peut être utile.
Questions à se poser
- Est-ce que mes revenus sont fixes ou variables ?
- Est-ce que mes dettes actuelles réduisent fortement ma capacité ?
- Est-ce que ma mise de fonds est documentée ?
- Est-ce que j’ai prévu les frais d’achat ?
- Est-ce que mon budget réel est plus bas que le maximum admissible ?
- Est-ce que je comprends les ratios utilisés ?
- Est-ce que mon type d’emploi demande une analyse plus nuancée ?
- Est-ce que comparer plusieurs prêteurs pourrait clarifier mes options ?
Sources utiles
SCHL — Calculateur du service de la dette
Outil permettant de comparer les paiements mensuels et les dépenses de logement au revenu brut du ménage.
Consulter la sourceACFC — Se préparer à obtenir une hypothèque
Ressource officielle sur les coûts mensuels, le budget et les éléments évalués avant une hypothèque.
Consulter la sourceACFC — Acheter une maison
Ressource officielle sur le budget, la capacité d’achat et les coûts liés à un achat immobilier.
Consulter la sourcePrêt à obtenir une lecture plus réaliste de votre capacité ?
Avant de magasiner trop haut ou trop bas, faites analyser votre situation avec vos revenus, dettes, mise de fonds et objectifs.